Internet en van : 4G/5G, wifi, antennes
Internet à bord se traite comme un lot technique, pas comme un simple abonnement : une question de radio — où passe le signal, comment l'attraper —, une question d'électricité — ce que le poste consomme, jour après jour —, et seulement ensuite une question de forfait. Bonne nouvelle : contrairement à l'eau ou au chauffage, presque tout y est réversible et peut s'ajouter après coup. Presque : le passage des câbles d'antenne, lui, se joue avant l'isolation. Ce guide dimensionne le poste, du simple partage de connexion au satellite.
Définir le besoin : consulter ou télétravailler
Deux profils séparent tout le marché.
Consulter : mails, cartes, météo, messageries, un film téléchargé à l'étape. Un smartphone en partage de connexion couvre ce besoin dans la grande majorité des situations ; la suite de ce guide relève alors du confort.
Télétravailler : visioconférences quotidiennes, VPN, transferts de fichiers. La connexion devient un outil de production : il faut du volume — une heure de visio consomme de l'ordre d'un gigaoctet —, de la redondance — deux opérateurs valent mieux qu'un forfait géant —, et un plan B assumé pour le jour où rien ne passe.
Le test décisif tient en une question : que se passe-t-il si la connexion tombe dix minutes en pleine réunion ? Si la réponse est « rien de grave », dimensionnez léger. Si elle engage votre activité, lisez la suite comme un cahier des charges.
Partage de connexion ou routeur dédié
Le smartphone en partage est imbattable pour démarrer : zéro achat, zéro installation, et un test grandeur nature de vos besoins réels. Ses limites apparaissent à l'usage intensif : l'appareil chauffe et se vide, il n'offre qu'un seul opérateur, son wifi porte mal dans une caisse métallique — et il part en balade avec vous, coupant le van au passage.
Le routeur 4G/5G dédié, avec sa propre carte SIM data, règle ces quatre points : un second opérateur en complément de votre téléphone — la couverture croisée fait des miracles en itinérance —, des connecteurs pour antennes externes, une alimentation permanente en basse tension, et un vrai réseau local à bord, avec au besoin un câble vers le poste de travail pour fiabiliser la visio.
Les critères qui comptent, dans l'ordre : des connecteurs d'antennes externes (sans eux, le point suivant tombe), la double SIM pour basculer d'opérateur sans manipulation, l'alimentation en courant continu qui évite de réveiller le convertisseur 230 V pour une dizaine de watts, et la consommation — sur un appareil qui tourne douze heures par jour, les watts comptent plus que les mégabits, on y revient plus bas.
Antennes extérieures : le gain, et le trou qui va avec
Une carrosserie métallique atténue fortement le signal : le van joue contre vous. En zone bien couverte, cela ne se remarque pas ; en zone limite, une antenne extérieure — idéalement MIMO, raccordée aux connecteurs du routeur — transforme régulièrement une connexion inutilisable en connexion stable. Retenez sa limite d'exercice : une antenne améliore un signal faible, elle n'invente rien dans une zone réellement morte.
Le vrai sujet n'est pas radio mais bâtiment : poser une antenne de toit, c'est percer le toit. Le geste d'étanchéité est exactement celui d'un lanterneau — platine, mastic adapté, contrôle dans le temps — et il est décomposé dans Fenêtres et lanterneaux : choisir et découper. Corollaire d'ordre des travaux : le cheminement du câble se prévoit avant l'isolation, ne serait-ce qu'en tirant une gaine d'attente vers la baie technique. Une gaine posée au bon moment coûte une minute ; le même câble après habillage coûte un démontage (l'ordre complet du chantier).
Wifi de camping et portails captifs
Les wifi publics — campings, aires, cafés, bibliothèques — rendent service mais ne se planifient pas : débits inégaux, portails captifs qui redemandent leur formulaire sans prévenir, couverture qui s'arrête à trois emplacements du bâtiment. Certains routeurs savent capter un réseau distant et le redistribuer à bord, ce qui améliore le confort quand le réseau existe. Deux règles suffisent : un VPN pour tout usage sensible sur un réseau que vous ne contrôlez pas, et ne jamais compter un wifi tiers dans un plan de télétravail — c'est un bonus, jamais une infrastructure.
Le satellite en itinérance : puissant, encombrant, gourmand
L'accès par satellite, type Starlink, change la nature du problème : la couverture ne dépend plus des antennes-relais, et la vraie zone blanche cesse d'être un obstacle. En itinérance, il se paie pourtant trois fois. Un encombrement réel : une antenne à stocker, sortir et pointer à chaque étape, ou une installation fixe en toiture. Une consommation nettement supérieure à celle d'un routeur cellulaire — plusieurs dizaines de watts en continu, un poste électrique à part entière. Un abonnement dédié qui s'ajoute aux forfaits mobiles. Verdict : à réserver aux vrais besoins, typiquement le télétravail hors couverture cellulaire ; pour la plupart des itinérants, deux opérateurs et une antenne extérieure couvrent déjà l'essentiel du territoire.
Le poste internet dans le bilan électrique
Faites l'arithmétique une fois, elle vaut pour toujours : un routeur d'environ 10 W qui tourne 12 h par jour consomme 120 Wh — chaque jour, qu'il pleuve ou non sur les panneaux. Rapportez ce chiffre à votre stockage : face à un parc comme celui de notre plan, 25,6 kWh, c'est négligeable ; face à une petite batterie d'un kilowattheure, c'est plus de dix pour cent de la capacité, chaque jour. Une antenne satellite multiplie la mise par plusieurs fois. Le poste internet appartient donc au bilan d'autonomie au même titre que le froid ou le chauffage — la méthode de calcul est dans Calculer son autonomie électrique.
La sobriété est le levier gratuit. Couper le routeur la nuit — un interrupteur dédié ou une programmation suffisent — rend au bilan un tiers à une moitié de la consommation d'un appareil laissé allumé en permanence ; couper en roulant quand le téléphone suffit ; télécharger en zone bien couverte plutôt que streamer en zone faible. La connexion la plus économe reste celle qui est éteinte.
À lire ensuite — Calculer son autonomie électrique · Panneaux solaires : dimensionner, choisir, poser · Fenêtres et lanterneaux : choisir et découper · et les planches du projet sur la page plans.